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Il y a quelques semaines, j'ai revu une de mes anciennes collègues de Paris. Et comme à chaque fois que je revois quelqu'un qui vit à Paris, ça me manque.
Aaah...Paris... J'y ai passé 6 ans avant de revenir, avec mari et enfant, dans mon sud natal. J'ai adoré y vivre. J'ai adoré la ville, magnifique, les musées, les monuments, les sorties au théâtre, à l'opéra, à la Comédie Française, au cinéma où l'on a pas besoin de faire 50km pour voir un film en VO, les concerts, les ptits resto sympa, les bars de la rue Mouffetard et ceux de la Butte-aux-Cailles, les balades en bord de Seine, sur le champ de Mars, le vélib', le shopping sur les grands boulevards, dans les grands magasins, les petites boutiques de quartier, les brunchs du dimanche, les sorties du samedi soir, les happy hours, les bars à vins branchés et les brasseries populaires... j'y pense avec nostalgie. Le Sud nous manquait quand nous étions à Paris et voilà qu'ici c'est Paris qui me manque. 

J'ai lu récemment un article de blog qui parlait des sacrifices que nous faisons en devenant parents. Si on me pose la question, je vais répondre instinctivement que j'ai sacrifié un super job et ma vie à la capitale !
Sacrifice ? Vraiment ? Non, si j'y réfléchis bien, il y a aussi beaucoup de choses que je ne supportais plus à Paris. On a parfois tendance à embellir les choses quand elles sont loin. 
Mon super job ? J'en avais fait le tour et je m'y ennuyais. 
Les sorties culturelles ? De toutes façons avec des enfants, nous n'en aurions pas profité autant. 
Alors qu'est-ce que je regrette en fait ? Le métro ? Les gens qui font la gueule ? Qui courent tout le temps ? Qui vous bousculent quand vous ne vous rangez pas à droite dans les escalators ? La pollution ? La canicule de juillet suivie d'un froid de canard en août ? Les grands magasins pendant les soldes ? Ce stress que l'on ressent au quotidien ? Les appart minuscules avec des loyers de palace ?

En fait, comme dirait Edith, non, rien de rien, non, je ne regrette rien.
Parce qu'on y est bien dans le sud.
Notre famille est là (soit plein de baby-sitters à disposition !), nos amis d'enfance sont là (soit pleines de soirées potentielles ! Sauf que depuis qu'on a des gosses, faut avouer que nos samedis soirs ressemblent plus à canapé-télé-dodo 22h qu'à mojito-cinéma-mojito-resto-fête jusqu'au bout de la nuit...). 
Le cadre de vie y est plus agréable : plus d'espace, de verdure, un bien meilleur climat, la mer, la montagne à proximité... Rien que le mois dernier, nous voulions passer un week-end au vert et hop en 2 heures de voiture, nous voilà dans le chalet d'un ami à 1500m d'altitude, à respirer le bon air frais de la montagne, à faire de longues balades, à admirer les signes du printemps, les champs parsemés de perce-neiges, à retrouver les plaisirs simples d'une partie de cartes le soir, au coin du feu, après que MySpouse a passé la journée à couper du bois, se prenant pour Charles Ingalls (entre nous, 7 mois que MySpouse doit nous repeindre l'encadrement des portes et là il frétille à l'idée de monter un garde-corps sur la terrasse du chalet... Ça doit être l'appel de la forêt...).

Maintenant que je repense à notre rythme à Paris, je me rends compte à quel point on apprend à vivre avec un moindre stress dans le sud. Je ne suis pas en train de dire qu'on se la coule douce, sur la plage, les doigts de pied en éventail, hein. Je dis juste qu'on apprend à se poser un peu, à ne pas courir tout le temps et plus que nécessaire. D'ailleurs il m'a fallu ré-apprendre tout ça en revenant habiter sur la Côte. Les premiers temps, ça me rendait dingue de voir les gens papoter tranquillement, en plein milieu, sur les tapis roulants des couloirs de la gare, sans se pousser à droite pour laisser les gens pressés passer. Je trouvais que tout le monde se trainait un peu en ville, marchait trop lentement. Et puis, je me suis laissée rattrapée par cette douceur de vivre, et ça fait un bien fou.

Alors voilà, c'est vrai que Paris me manque parfois (surtout à l'approche des soldes !!) mais qu'est-ce qu'on y est bien, dans le sud !