mouchoir

Je lisais cette interview d'Alexandra Sublet dans Elle, dans laquelle elle parle de son babyblues, et je m'y suis un peu retrouvée.
Alessandra Sublet - La maternité est un tsunami

Vous avez connu, vous, le baby blues ?

C'est un nom assez doux "baby blues", vous ne trouvez pas ? Poétique même. Comme dirait Florence Foresti, ça donnerait presque envie de l'avoir !

J'en avais entendu parler pourtant durant ma grossesse, lors des cours de préparation à l'accouchement. Je me doutais bien que j'y passerai, je suis du genre ultra sensible aux changements hormonaux. Rien qu'en période de règles, je suis capable de pleurer devant une pub de lessive... ("- Ben pourquoi tu pleures chérie ??? - C'est le bébé dans la pub, il est trop mignon tu comprends, boooouuuuhhh."). Alors, dans ma valise pour la maternité j'avais prévu une boîte de mouchoirs. J'aurais dû m'en faire livrer une palette ! Qu'est-ce que j'ai pu pleurer !!

Ça a commencé à la maternité. Je regardais ma fille, si belle, si petite, si fragile... Et j'ai senti les larmes monter. Mais pourquoi je pleure ?? Je suis pourtant si heureuse qu'elle soit là. Oui, mais, si je n'y arrive pas ? Et si finalement je ne sais pas faire et qu'elle en souffre ? Et si au fond je n'étais pas capable d'être mère ? Bref, je paniquais, donc je pleurais. Et une fois le robinet ouvert, ça a été dur de le refermer !
À la maternité, chaque fois que l'aide-soignante passait et me demandait "ça va ?", les larmes coulaient. Pas de sa faute à cette brave dame mais elle avait un visage tellement sympathique... Un peu comme la pub de lessive. "- Ben chérie pourquoi tu pleures ??? - Elle a une tête trop gentille tu comprends, boooouuuhh." Du coup, dès qu'elle me voyait je pleurais, et elle me disait "C'est rien, prenez un peu d'euphytose". Et vu qu'elle passait me voir matin, midi et soir, j'avais ma dose régulière. Droguée à l'euphytose. (ndlr: c'est un truc aux plantes)

De retour à la maison, ça n'a pas cessé. Je pleurais quand je n'arrivais pas à calmer ma fille (faut dire qu'elle est du genre braillarde en plus). Je pleurais quand on me demandait "ça va ?". Je pleurais pour rien, sans raison, comme une enfant, à gros sanglots. Je pleurais rien qu'à l'idée de pleurer ("- Ben pourquoi tu pleures chérie ?? - Je pleure parce que tout à l'heure j'ai pleuré et ça me fait pleurer d'y penser, booouuuuhh. - ... Tiens, prends de l'euphytose.").

Je n'étais plus moi, je n'étais plus qu'un sac de larmes qui devaient se déverser. Le moindre petit obstacle, la moindre difficulté me paraissaient insurmontables. Tout prenait des proportions énormes, dramatiques. Je me souviens d'un jour où je rentrais de promenade. En voulant déshabiller ma fille, je l'ai réveillée et elle s'est mise à pleurer. J'ai fondu en larmes parce que je l'avais réveillée, que c'était ma faute si elle pleurait... Et le pire, c'est que j'avais honte de me sentir aussi mal. Et ça me faisait pleurer. Et ça me faisait encore plus honte. Etc... un sacré cercle vicieux !

Heureusement MySpouse m'a beaucoup soutenue (à coup d'euphytose) même si je le sentais parfois complètement désarmé face à mes crises de larmes. Il a probablement fait la seule chose qu'il fallait faire : me laisser pleurer dans ses bras. Ma mère et ma sœur aussi m'ont beaucoup aidée. Et ma fille bien sûr. Chacun de ses sourires, de ses câlins me revigoraient.
Il faut dire aussi que mon baby blues a duré assez longtemps, 1 mois quand même ! J'ai même pensé à consulter, je craignais de faire une vraie dépression. Etrangement ça a déclenché un truc, comme si le fait de vouloir consulter avait exorcisé mon mal-être. J'ai continué à avoir la larme facile pendant quelques temps, mais ça allait de mieux en mieux. Gros baby blues ou petite dépression post-partum, je ne sais pas, mais quel soulagement d'avoir enfin les yeux secs, de retrouver le sourire et d'enfin profiter de ma fille à 100% !!

Maintenant j'en parle et j'en ris. Avec MySpouse c'est un peu devenu une blague entre nous : quand quelque chose ne va pas, il me dit "Prends de l'euphytose". Avec le recul, je ris à l'idée de m'être mise dans des états pareils pour des broutilles. Mais pendant ma 2ème grossesse, j'ai quand eu un peu peur de revivre ça. Quelques jours après la naissance de ma deuxième fille, j'ai eu un petit coup de mou. Oh non, ça recommence... Et puis non, finalement cette fois, c'était un tout petit baby blues, trois larmes, du genre qui s'accordent très bien avec ce mot "baby blues".

Et pour finir sur une note un peu plus drôle, je ne résiste pas à l'envie de vous faire (re)découvrir l'excellent sketch de Florence Foresti sur la grossesse et l'accouchement :
Florence Foresti - L'accouchement